Des structures rudimentaires se présentent désormais à ceux qui accèdent à Veules-les-Roses depuis l’Est par la Départementale 925, à l’endroit même où elle amorce une descente. Qu’ils circulent à pied, à cheval, à dos d’âne, en fiacre, en voiture, en tracteur, en camion, qu’ils soient des visiteurs curieux ou des passagers pressés, ils les découvriront à condition de détourner leur regard du chemin suivi, pour ne pas dire du droit chemin, et le promener au ras du sol, plus exactement au ras du trottoir qui borde la route à leur droite. Découverte furtive s’il en est et non sans risque : sur cette route où la circulation est soutenue, où il est difficile de s’arrêter, même de ralentir l ‘œil égaré d’un conducteur est un danger en puissance. Une source de quiproquos aussi. Imaginons: par exemple le chauffeur d’un car de touristes balayer du regard ces schémas en partie masqués par les plantes et les prendre pour des vestiges remis à neuf de l’art primitif dus à nos ancêtres les plus éloignés. Ému par de tels spécimens, il arrête inopinément son mastodonte de véhicule pour offrir une chance à ses passagers d’apprécier ces précieux témoignages. Qu’importe l’impatience, les klaxonnes de ceux qui suivent, ils seront récompensés à leur tour.
Seuls les amateurs de la marche, espèce plutôt rare à cet endroit, auront le loisir de s’attarder à leur guise et sans danger face à ces créations aux présomptions artistiques et à vocation décorative et évocatrice. Eux seuls pourront prendre le temps pour essayer d ‘appréhender leur raison d’être, se prendre la tête à dénicher leur valeur symbolique pour le village. Des chevalets suivis d’une série de cadres disposés en désordre visent à évoquer les activités picturales, Activités bien représentées en Normandie, berceau d’impressionnisme, sans exclure Veules les Rosess. Des galets taillés grossièrement au point de heurter l’œil figurent des amas d’huîtres et de coquilles Saint Jacques, fruits de mer prisés tout au long de la côte normande. Un assemblage maladroit de lattes de bois dessine la proue d’un bateau. Quoi de plus banal qu’un bateau en bord de mer ! Nos touristes devront-ils se munir d’une boule en cristal pour deviner que cette « décoration » en forme de proue fait référence à un bateau qui s’est échoué sur la côte veulaise en 1940 ?
Et ceux qui empruntent la départementale 925 d’Ouest en Est ? Ces fruits « d’imagination » de Jean-Claude Claire n’étant pas bifaces, ils les découvriront de dos. Et si toutefois ils les découvrent ne risquent-ils pas de les prendre pour des dépôts accidentels en attente du ramassage d’ordures ?
Visiblement satisfait de ces premières réalisations, le Maire de Veules les Rosess compte poursuivre sur cette voie aux ambitions artistiques. « D’autres créations pourraient être mises en place … pour le moment nous réfléchissons à ces décorations » , déclare-t-il (Courrier Cauchois 27 mai 2011).
Pourvu que cette réflexion se prolonge à l’infini, dans l’intérêt de Veules et de ses visiteurs !
mercredi 29 juin 2011
samedi 30 avril 2011
Au Collège de France : usurpation d’une bibliothèque
Le Collège de France, ce prestigieux établissement d'enseignement et de recherche fondé en 1530 par François Ier est l’une de nos fiertés nationales. A juste titre ! Pépinière de la science, unique en son genre, elle vise à rassembler les meilleurs parmi les meilleurs pour y dispenser un enseignement original et de grande qualité, susceptible de trouver l’écho au-delà des frontières.
Les bibliothèques, générale et spécialisées, constituent un autre fleuron du Collège de France. Fermées au grand public, elles offrent un précieux outil de travail aux spécialistes qu’ils soient professeurs, chercheurs ou encore des savants en herbe.
L’excellence et l’unicité de notre noble institution la mettent-elles à l’abri de cette duplicité commune à tant d’autres ? Plus exactement de ces deux faces qui les marquent fâcheusement de leur empreinte. L’une, faste que l’on étale au grand jour, telle une marchandise de qualité dans les jolies devantures. L’autre, moins reluisante, qu’on s’applique à garder secrète, à enfuir dans quelques cavités sans issue.
Qu’on le veuille ou pas, on doit se rendre à l’évidence : le Collège de France n’échappe pas à des revers. Les situations rocambolesques qui se produisent dans l’une de ses bibliothèques suffisent, me semble-t-il, à elles seules, pour en fournir un témoignage sans équivoque.
Quelle bibliothèque, que s’y passe-t-il ? Soyez sans crainte ! Je ne mettrai pas votre curiosité à l’épreuve, de cette histoire qui peut faire pleurer, qui peut faire rire, qui risque d’indigner un Stéphane Hessel, je vais tout vous conter.
Il s’agit de la bibliothèque du Cabinet d’assyriologie qui est gérée, comme il se doit, par le professeur de la discipline concernée, Monsieur Jean-Marie DURAND. Vivant en une sorte de symbiose avec le cabinet dont il a la responsabilité, notre éminent assyriologue aurait-t-il fini par le considérer comme sa propriété privée ou du moins comme un chez soi où l’on agit à sa guise ? Aussi le bureau du professeur se transforme-t-il accessoirement en son fumoir alors que l’accès à la bibliothèque est suspendu à sa bonne volonté.
Plusieurs chercheurs, coutumiers de cette précieuse bibliothèque, se sont vus privés de leur outil de travail. Dans la foulée même un collègue étranger fut frappé d’interdit. Shocking ! devait-il soupirer en se demandant sans doute ce qui se passait dans la tête de ce français.
Légitimes ou pas, les ordres du patron sont les ordres on doit les exécuter. Et, c’est ainsi que des jeunes en charge de la bibliothèque ont dû revêtir - bon gré, mal gré - un rôle comparable à celui des videurs dans les boîtes de nuit.
J’ignore quel pêché avaient commis ces bannis de la bibliothèque. Je sais en revanche quel fut le mien. Incroyable mais vrai… Pour avoir porté plainte contre un jeune protégé de l’éminent professeur lequel avait allègrement puisé dans mes écrits, puisé si allègrement qu’il a introduit des erreurs qui faussent la vérité historique ; pour avoir reproduit aussi mes dessins originaux sans me citer et encore moins remercier je me suis fait mal voir. Un jour, alors que je me mettais au travail, l’un de ces jeunes bibliothécaires et promus désormais « videurs « me demanda, passablement gêné, de ramasser mes papiers et d’aller voir « le professeur ». Ceci pour entendre le digne professeur se livrer à un chantage indigne : si je ne retire pas ma plainte je n’aurai plus le droit de travailler dans la bibliothèque ! N’étant pas du genre à céder aux chantages, j’ai perdu le libre accès à une bibliothèque qui doit son existence à l’agent du contribuable.
Quid des protestations adressées à l’Administrateur du Collège de France, Monsieur Pierre Corvol, par certaines victimes de Jean-Marie Durand dont moi-même? Très gêné, il formula les vœux que les choses s’arrangent… vœux pieux car M. Corvol ne bougea pas de petit doigt pour les arranger ! Pour faire retrouver à ces chercheurs leur outil de travail. Et le statu quo perdure.
Normal ! C’est ainsi au pays nommé France.
Pour moi, une seule consolation, s’il en est : après moult péripéties, l’éditeur du jeune protégé vient d’être condamné pour « violation de mon droit moral ».
Les bibliothèques, générale et spécialisées, constituent un autre fleuron du Collège de France. Fermées au grand public, elles offrent un précieux outil de travail aux spécialistes qu’ils soient professeurs, chercheurs ou encore des savants en herbe.
L’excellence et l’unicité de notre noble institution la mettent-elles à l’abri de cette duplicité commune à tant d’autres ? Plus exactement de ces deux faces qui les marquent fâcheusement de leur empreinte. L’une, faste que l’on étale au grand jour, telle une marchandise de qualité dans les jolies devantures. L’autre, moins reluisante, qu’on s’applique à garder secrète, à enfuir dans quelques cavités sans issue.
Qu’on le veuille ou pas, on doit se rendre à l’évidence : le Collège de France n’échappe pas à des revers. Les situations rocambolesques qui se produisent dans l’une de ses bibliothèques suffisent, me semble-t-il, à elles seules, pour en fournir un témoignage sans équivoque.
Quelle bibliothèque, que s’y passe-t-il ? Soyez sans crainte ! Je ne mettrai pas votre curiosité à l’épreuve, de cette histoire qui peut faire pleurer, qui peut faire rire, qui risque d’indigner un Stéphane Hessel, je vais tout vous conter.
Il s’agit de la bibliothèque du Cabinet d’assyriologie qui est gérée, comme il se doit, par le professeur de la discipline concernée, Monsieur Jean-Marie DURAND. Vivant en une sorte de symbiose avec le cabinet dont il a la responsabilité, notre éminent assyriologue aurait-t-il fini par le considérer comme sa propriété privée ou du moins comme un chez soi où l’on agit à sa guise ? Aussi le bureau du professeur se transforme-t-il accessoirement en son fumoir alors que l’accès à la bibliothèque est suspendu à sa bonne volonté.
Plusieurs chercheurs, coutumiers de cette précieuse bibliothèque, se sont vus privés de leur outil de travail. Dans la foulée même un collègue étranger fut frappé d’interdit. Shocking ! devait-il soupirer en se demandant sans doute ce qui se passait dans la tête de ce français.
Légitimes ou pas, les ordres du patron sont les ordres on doit les exécuter. Et, c’est ainsi que des jeunes en charge de la bibliothèque ont dû revêtir - bon gré, mal gré - un rôle comparable à celui des videurs dans les boîtes de nuit.
J’ignore quel pêché avaient commis ces bannis de la bibliothèque. Je sais en revanche quel fut le mien. Incroyable mais vrai… Pour avoir porté plainte contre un jeune protégé de l’éminent professeur lequel avait allègrement puisé dans mes écrits, puisé si allègrement qu’il a introduit des erreurs qui faussent la vérité historique ; pour avoir reproduit aussi mes dessins originaux sans me citer et encore moins remercier je me suis fait mal voir. Un jour, alors que je me mettais au travail, l’un de ces jeunes bibliothécaires et promus désormais « videurs « me demanda, passablement gêné, de ramasser mes papiers et d’aller voir « le professeur ». Ceci pour entendre le digne professeur se livrer à un chantage indigne : si je ne retire pas ma plainte je n’aurai plus le droit de travailler dans la bibliothèque ! N’étant pas du genre à céder aux chantages, j’ai perdu le libre accès à une bibliothèque qui doit son existence à l’agent du contribuable.
Quid des protestations adressées à l’Administrateur du Collège de France, Monsieur Pierre Corvol, par certaines victimes de Jean-Marie Durand dont moi-même? Très gêné, il formula les vœux que les choses s’arrangent… vœux pieux car M. Corvol ne bougea pas de petit doigt pour les arranger ! Pour faire retrouver à ces chercheurs leur outil de travail. Et le statu quo perdure.
Normal ! C’est ainsi au pays nommé France.
Pour moi, une seule consolation, s’il en est : après moult péripéties, l’éditeur du jeune protégé vient d’être condamné pour « violation de mon droit moral ».
jeudi 27 janvier 2011
Christian ESTROSI : délinquants et délinquants
Quel panache l’autre soir chez Frédéric Taddei ! Plus que jamais qu’à « Ce soir ou jamais » notre « motodidacte » national fut majestueux dans son rôle de preux chevalier, de noble protecteur des mamies agressées par des jeunes délinquants. Des petits malfrats qui vont jusqu’à vous estropier pour vous arracher quelques sous. Ces incidents fâcheux qui se multiplient, sur la Côte d’Azur peut-être plus qu’ailleurs, doivent être sanctionnés plus sévèrement, clame le Maire de Nice. Sans se pencher sur le mal-être grandissant qui gangrène nos jeunes et génère leurs excès, vols et violences, etc., etc, il veut punir leur accomplissement. Propose d’abaisser la majorité pénale à 16, refuse « que l’on continue la pratique de la culture de l’excuse ».
« Culture de l’excuse » nous y voilà. Cette pratique comme le zèle de punir seraient-ils à géométrie variable dans l’esprit de M. Estrosi ? Justicier vigoureux de ces proies faciles que sont les jeunes délinquants, il semble perdre de sa verve face à leurs aînés. Cette verve, dirait-on, s’évapore complètement face à ceux que l’on pourrait qualifier de « délinquants respectables ». Ces citoyens qui ont atteint des hautes positions et se considèrent hors d’atteinte. Des écarts ou des libertés qu’ils se permettent passent au-dessus des lois comme au-dessus des têtes de nobles défenseurs d’une justice rigoureuse.
Aura-t’on le bonheur d’entendre un jour M. Estrosi dénoncer d’une voix tout aussi vibrante ces dossiers qui ramassent la poussière dans quelques recoins des Palais de justice du Midi ? Lorsqu’ils traitent des finances les sommes d’argent, voire même de péculat, sont loin de trouver la commune mesure avec des larcins de nos délinquants mineurs !
« Ces gens son attaqués dans leur chair » plaide le député des Alpes-maritimes sur ce ton émouvant qui fait pleurer dans les chaumières. Certes, il n’a pas tort ! Agressés pour être volés, voici qui ne mérite aucune indulgence. Mais on aimerait que M. Estrosi s ‘apitoie tout autant sur l’agression dont a été victime un précieux patrimoine dans son département. Des vestiges d’un passé lointain, témoins de nos racines spirituelles, perdus à jamais suite à des actes de vandalisme. Voici qui ne semble pas l’émouvoir ! À l’expertise organisée par le Parquet de Nice, qui a clairement établi une première vague de dégradations M. Estrosi fait la sourde oreille ! Comme d’ailleurs son adjoint à la Culture.
Qu’à cela ne tienne ! Les auteurs de ces actes néfastes se sentant à l’abri ont recommencé. Et pour cause ! Le constat détaillé de cette seconde vague de dégradations, établi par un gendarme archéologue, est resté sans suite. Mais si, mais si, il y en avait une : la mutation du gendarme, auteur de ce compromettant rapport qui depuis des années reste « en suspend ». En attendant d’être suspendu pour de bon il a rejoint les « paperasses » similaires et ramasse la poussière au Palais de justice de la ville administrée par M. Estrosi.
Certes, il a des excuses, notre « motodidacte ». Les motos et la culture sont deux univers si éloignés. Toutefois, les hautes fonctions qu’il exerce depuis des lustres n’auraient elles pas réussi à lui faire prendre la mesure de la valeur de notre patrimoine ?
« Culture de l’excuse » nous y voilà. Cette pratique comme le zèle de punir seraient-ils à géométrie variable dans l’esprit de M. Estrosi ? Justicier vigoureux de ces proies faciles que sont les jeunes délinquants, il semble perdre de sa verve face à leurs aînés. Cette verve, dirait-on, s’évapore complètement face à ceux que l’on pourrait qualifier de « délinquants respectables ». Ces citoyens qui ont atteint des hautes positions et se considèrent hors d’atteinte. Des écarts ou des libertés qu’ils se permettent passent au-dessus des lois comme au-dessus des têtes de nobles défenseurs d’une justice rigoureuse.
Aura-t’on le bonheur d’entendre un jour M. Estrosi dénoncer d’une voix tout aussi vibrante ces dossiers qui ramassent la poussière dans quelques recoins des Palais de justice du Midi ? Lorsqu’ils traitent des finances les sommes d’argent, voire même de péculat, sont loin de trouver la commune mesure avec des larcins de nos délinquants mineurs !
« Ces gens son attaqués dans leur chair » plaide le député des Alpes-maritimes sur ce ton émouvant qui fait pleurer dans les chaumières. Certes, il n’a pas tort ! Agressés pour être volés, voici qui ne mérite aucune indulgence. Mais on aimerait que M. Estrosi s ‘apitoie tout autant sur l’agression dont a été victime un précieux patrimoine dans son département. Des vestiges d’un passé lointain, témoins de nos racines spirituelles, perdus à jamais suite à des actes de vandalisme. Voici qui ne semble pas l’émouvoir ! À l’expertise organisée par le Parquet de Nice, qui a clairement établi une première vague de dégradations M. Estrosi fait la sourde oreille ! Comme d’ailleurs son adjoint à la Culture.
Qu’à cela ne tienne ! Les auteurs de ces actes néfastes se sentant à l’abri ont recommencé. Et pour cause ! Le constat détaillé de cette seconde vague de dégradations, établi par un gendarme archéologue, est resté sans suite. Mais si, mais si, il y en avait une : la mutation du gendarme, auteur de ce compromettant rapport qui depuis des années reste « en suspend ». En attendant d’être suspendu pour de bon il a rejoint les « paperasses » similaires et ramasse la poussière au Palais de justice de la ville administrée par M. Estrosi.
Certes, il a des excuses, notre « motodidacte ». Les motos et la culture sont deux univers si éloignés. Toutefois, les hautes fonctions qu’il exerce depuis des lustres n’auraient elles pas réussi à lui faire prendre la mesure de la valeur de notre patrimoine ?
samedi 15 janvier 2011
« Surnaturel » : ce qui échappe à la raison ?
Mon oncle vient de s’éteindre paisiblement alors qu’il entrait dans sa cent deuxième année. Après avoir traversé le siècle, son siècle, et pénétré dans le suivant sans avoir goûté aux honneurs, voire aux horreurs, de la maladie. Affaibli certes, mais parfaitement lucide jusqu’au bout, il a quitté ce monde à l’endroit même où il a vu le jour. Dans la vieille maison familiale à Pirot, en Serbie du sud-est.
Une ultime faveur aurait-elle enrichi le départ de mon oncle d’un aspect « surnaturel » ? En cette matinée du 5 janvier, il a demandé à sa gouvernante de renoncer aux courses quotidiennes :
- Ne t’éloigne pas car je suis en train de mourir , a-t-il argumenté sans emphase. Ma nièce (qui peuple l’Au-delà depuis des lustres) est venue me chercher.
Un quart d’heure après mon oncle rendait son dernier soupir.
Sans se douter qu’en annonçant son rendrez-vous avec la mort avec une précision digne des horloges suisses, il offrait un nouvel exemple de ces phénomènes qui résistent à toute explication rationnelle et que pour cette raison nous préférons ignorer .
Une ultime faveur aurait-elle enrichi le départ de mon oncle d’un aspect « surnaturel » ? En cette matinée du 5 janvier, il a demandé à sa gouvernante de renoncer aux courses quotidiennes :
- Ne t’éloigne pas car je suis en train de mourir , a-t-il argumenté sans emphase. Ma nièce (qui peuple l’Au-delà depuis des lustres) est venue me chercher.
Un quart d’heure après mon oncle rendait son dernier soupir.
Sans se douter qu’en annonçant son rendrez-vous avec la mort avec une précision digne des horloges suisses, il offrait un nouvel exemple de ces phénomènes qui résistent à toute explication rationnelle et que pour cette raison nous préférons ignorer .
dimanche 14 novembre 2010
A Veules-les-Roses : phénomènes climatiques étranges
On croit que la vie est morne dans les petits villages, qu’il ne s’y passe rien. Et bien c’est un tort ! A chaque village son lot d’événements plus ou moins apparents, plus ou moins feutrés, plus ou moins palpitants, etc. Comme on dirait en bon frananglais le happening y est permanent. Il dissipe ainsi la monotonie qui plane tel un nuage chargé de pluie et fournit matière à une chronique au quotidien, sinon à des chroniques hebdomadaire, mensuelle, annuelle et même séculaire. Il fait jaillir même une source inspiratrice à des romans.
Le village de Veules-les-Roses échappe-t-il à cet état de choses ? Oh, que non ! La Veules, ce plus court fleuve de France qui traverse la petite cité ornée de roses, charrie ainsi des histoires recueillies tout au long de son fil. Cours rapide qui se hâte de confier ses secrets aux vastes eaux de la mer. De les y noyer comme en guise de purification.
Au sein de la panoplie d’affaires qui se déchargent dans la Veules en voici une, peu commune car échappant à toute explication logique! Elle taraude mon esprit. Et comme tout ce qui dépasse la raison elle revêt un aspect surnaturel. Il s’agit d’un phénomène climatique pour le moins étrange car jusqu’à présent jamais enregistré parmi les fâcheuses conséquences du réchauffement de notre planète. Des tornades aussi intenses que limitées dans l’espace : c’est dans le périmètre de ma maison qu’elles viennent manifester leurs pulsions dévastatrices. Tornades si l’on peut dire délicatement programmées car prenant la précaution de se produire en mon absence ! Tornades fidèles à elles-mêmes aussi car visant en priorité la même cible !
De quelle cible s’agit-il ? Révélons la de suite afin d‘épargner une peine perdue à ceux qui voudraient jouer à la devinette. C’est une affiche plastifiée, fixée à l’aide de nombreuses punaises sur mon petit cabanon en bois. Fixée de manière à se présenter au regard de ceux qui passent…
Que raconte cette affiche ? Une histoire insolite qui, elle, ne relève pas de phénomènes climatiques mais échappe, de son côté, sinon à la raison du moins à la logique ! C’est le récit de mon cabanon devenu « objet du délit » digne d’une procédure pénale ! Saga inespérée pour un simple abri de jardin (185cm x 250cm), désormais fier de l’arborer. Car il est venu tout modestement remplacer à l’identique et au même endroit celui installé jadis par mon prédécesseur et se transformant dangereusement en ruine. Mais voici qu’à peine installé, notre cabanon, reluisant neuf, se mit à « boucher l’horizon » à M. Patrice Pusateri, architecte des Bâtiments de France qui l’honora de sa visite. Pas pour l’admirer mais pour évaluer ses dimensions. C’est au crépuscule d’une journée du mois de novembre et … en mon absence que l’architecte assermenté se livra à cette tâche délicate. A l’aide, sans doute d’un instrument très spécifique car il tripla son volume et le promut en « chalet ». Belle promotion pour le cabanon mais encombrante pour moi : elle imposait un permis de construire…
L’affaire prenant une ampleur surdimensionnée, la Gendarmerie dépêcha l’un de ses agents pour « procéder à des constatations ». Et notre gendarme procéda, en mon absence lui aussi, et constata que l’abri-chalet mesurait « environ 4 m x 3 m ». On aimerait savoir que signifie ce « environ » dans le langage d’un gendarme dont la précision devrait être le premier credo ?
Devenue grave, l’affaire de mon cabanon, désormais chalet, a abouti inévitablement sur le bureau de M. le Maire. Talentueux forgeron d’art, M. Jean-Claude Claire venait d’encadrer mon jardin d’une jolie clôture, réplique presque fidèle de son original. Encadrer aussi le cabanon dont il connaissait mieux que quiconque la vraie dimension. Les démesures de nos deux assermentés auraient-elles échappé à la vigilance de son regard ?
Comment ne pas s’étonner face au curieux point commun qui se dégage entre ces tornades veulaises et nos mesureurs patentés ? Les deux interviennent en mon absence.
Alors que je cherchais vainement une explication à cet état de choses, Maupassant me chuchota à l’oreille : « Nous sommes au Pays de Caux ».
Le village de Veules-les-Roses échappe-t-il à cet état de choses ? Oh, que non ! La Veules, ce plus court fleuve de France qui traverse la petite cité ornée de roses, charrie ainsi des histoires recueillies tout au long de son fil. Cours rapide qui se hâte de confier ses secrets aux vastes eaux de la mer. De les y noyer comme en guise de purification.
Au sein de la panoplie d’affaires qui se déchargent dans la Veules en voici une, peu commune car échappant à toute explication logique! Elle taraude mon esprit. Et comme tout ce qui dépasse la raison elle revêt un aspect surnaturel. Il s’agit d’un phénomène climatique pour le moins étrange car jusqu’à présent jamais enregistré parmi les fâcheuses conséquences du réchauffement de notre planète. Des tornades aussi intenses que limitées dans l’espace : c’est dans le périmètre de ma maison qu’elles viennent manifester leurs pulsions dévastatrices. Tornades si l’on peut dire délicatement programmées car prenant la précaution de se produire en mon absence ! Tornades fidèles à elles-mêmes aussi car visant en priorité la même cible !
De quelle cible s’agit-il ? Révélons la de suite afin d‘épargner une peine perdue à ceux qui voudraient jouer à la devinette. C’est une affiche plastifiée, fixée à l’aide de nombreuses punaises sur mon petit cabanon en bois. Fixée de manière à se présenter au regard de ceux qui passent…
Que raconte cette affiche ? Une histoire insolite qui, elle, ne relève pas de phénomènes climatiques mais échappe, de son côté, sinon à la raison du moins à la logique ! C’est le récit de mon cabanon devenu « objet du délit » digne d’une procédure pénale ! Saga inespérée pour un simple abri de jardin (185cm x 250cm), désormais fier de l’arborer. Car il est venu tout modestement remplacer à l’identique et au même endroit celui installé jadis par mon prédécesseur et se transformant dangereusement en ruine. Mais voici qu’à peine installé, notre cabanon, reluisant neuf, se mit à « boucher l’horizon » à M. Patrice Pusateri, architecte des Bâtiments de France qui l’honora de sa visite. Pas pour l’admirer mais pour évaluer ses dimensions. C’est au crépuscule d’une journée du mois de novembre et … en mon absence que l’architecte assermenté se livra à cette tâche délicate. A l’aide, sans doute d’un instrument très spécifique car il tripla son volume et le promut en « chalet ». Belle promotion pour le cabanon mais encombrante pour moi : elle imposait un permis de construire…
L’affaire prenant une ampleur surdimensionnée, la Gendarmerie dépêcha l’un de ses agents pour « procéder à des constatations ». Et notre gendarme procéda, en mon absence lui aussi, et constata que l’abri-chalet mesurait « environ 4 m x 3 m ». On aimerait savoir que signifie ce « environ » dans le langage d’un gendarme dont la précision devrait être le premier credo ?
Devenue grave, l’affaire de mon cabanon, désormais chalet, a abouti inévitablement sur le bureau de M. le Maire. Talentueux forgeron d’art, M. Jean-Claude Claire venait d’encadrer mon jardin d’une jolie clôture, réplique presque fidèle de son original. Encadrer aussi le cabanon dont il connaissait mieux que quiconque la vraie dimension. Les démesures de nos deux assermentés auraient-elles échappé à la vigilance de son regard ?
Comment ne pas s’étonner face au curieux point commun qui se dégage entre ces tornades veulaises et nos mesureurs patentés ? Les deux interviennent en mon absence.
Alors que je cherchais vainement une explication à cet état de choses, Maupassant me chuchota à l’oreille : « Nous sommes au Pays de Caux ».
jeudi 2 septembre 2010
Veules-les Roses : rentrée scolaire en absence de M. le Maire
Dans notre pays comme dans bien d’autres la rentrée scolaire constitue un événement majeur. Début d’une nouvelle année académique, premier pas vers l’automne, c’est surtout un grand moment d’émotion tant pour les parents que pour leurs enfants.
Dans les petits villages, la rentrée scolaire prend une importance particulière. La présence du Maire la revêt d’une note à la fois solennelle et conviviale.
A Veules-les-Roses les petits écoliers n’ont pas eu droit aux sourires et aux encouragements du Maire dont les vacances aoûtiennes se prolongent en septembre !
Pas rose cette année, la rentrée à Veules-les-Roses ! Elle se fait dans une ambiance pesante pour cause de restructurations diverses… On attendait du Maire des avis, des conseils, des soutiens éventuels…
La réunion intercommunale qui précédait la rentrée n’était elle pas marquée par un vide analogue ? Les vacances de M. Jean-Claude Claire s’ajoutant à la vacance de ses adjoints, à cette réunion où les maires des autres communes concernés par l’école ont dûment pris part, celle de Veules-les-Roses ne fut guère représentée.
Le besoin d’un repos prolongé de M. Claire serait-il l’arbre qui cache la forêt ? Une forêt de problèmes qui hérissent la commune et n'augurent pas un retour plaisant.
Dans les petits villages, la rentrée scolaire prend une importance particulière. La présence du Maire la revêt d’une note à la fois solennelle et conviviale.
A Veules-les-Roses les petits écoliers n’ont pas eu droit aux sourires et aux encouragements du Maire dont les vacances aoûtiennes se prolongent en septembre !
Pas rose cette année, la rentrée à Veules-les-Roses ! Elle se fait dans une ambiance pesante pour cause de restructurations diverses… On attendait du Maire des avis, des conseils, des soutiens éventuels…
La réunion intercommunale qui précédait la rentrée n’était elle pas marquée par un vide analogue ? Les vacances de M. Jean-Claude Claire s’ajoutant à la vacance de ses adjoints, à cette réunion où les maires des autres communes concernés par l’école ont dûment pris part, celle de Veules-les-Roses ne fut guère représentée.
Le besoin d’un repos prolongé de M. Claire serait-il l’arbre qui cache la forêt ? Une forêt de problèmes qui hérissent la commune et n'augurent pas un retour plaisant.
mercredi 25 août 2010
A Veules-les-Roses : visite de S. E. M. l’Ambassadeur de Russie en France
La saison estivale en Normandie est marquée cette année par un événement culturel majeur : l’Impressionnisme dont elle est le berceau. Ce patrimoine exceptionnel est honoré avec des manifestations multiples et variées aussi bien dans la Haute que dans la Basse-Normandie.
L’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Veulais a pris l’heureuse initiative de faire publier à cette occasion un ouvrage consacré à des peintres russes qui ont exercé leurs talents en Normandie au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Ce volume, paru à date voulue grâce aux efforts conjugués de toute une équipe sous le titre «Les peintres russes et la Normandie », est une double réussite. Sa présentation matérielle s’avère un chef-d’œuvre éditorial. Sa teneur fait découvrir au lecteur le cheminement et les activités de ces peintres à qui le Pays de Caux prodiguait la plus belle source d’inspiration. Mutatis mutandis, ils ont mis en valeur ses paysages, ses moments de vie. Le village de Veules-les-Roses apparaît comme un lieu de prédilection pour ses artistes venus du froid : on leur doit une série de tableaux splendides qui fixent à jamais ses charmes d’antan.
Pour des raisons qui échappent à la logique, M. Jean-Claude Claire, maire de Veules-les-Roses, a choisi d’ignorer cet ouvrage ! Plus même, il chercherait à jeter un voile sur ce joyau. Il est, me semble-t-il, de notoriété publique que la culture et M. Claire ne font pas la paire. Mais a-t-on besoin d’être initié aux méandres de l’art pictural pour apprécier à juste titre les qualités de ce livre, son importance pour Veules également ?
Le considérant sans doute comme un « non événement », M. Claire a en tout cas créé l’événement de son côté en rendant hommage à ces mêmes peintres avec une exposition modeste à plus d’un titre. A commencer par le choix du lieu : en guise de l’une de ces galeries attrayantes que possède le village, on logea les quelques reproductions peu flatteuses de leurs tableaux dans l’espace exiguë qui prolonge à l’arrière le bureau de l’Office de tourisme. Dans ce réduit, qualifié quelque peu pompeusement d’ « atrium » une vaste porte en bois massif fait figure de pièce maîtresse. En son milieu, de détache un écriteau toilettes dont la taille rivalise avec celle de certaines reproductions qui le jouxtent. (voir photo, ci-jointe).
Répondant sans doute aux invitations cordiales de la municipalité, S.E.M. l’Ambassadeur de Russie en France s’est rendu a Veules pour découvrir cette manifestation en hommage à des talents de son pays. A sa visite « non officielle » la presse locale a fait un grand écho. Les illustrations qui accompagnaient ces articles montraient le diplomate se promenant dans les rues de Veules en compagnie de M. le Maire et des adjoints de son choix. Il semble bien qu’aucun journaliste n’ait poussé l’indécence de le photographier alors qu’il découvrait l’exposition, but de sa visite…
On passa sous silence le bel ouvrage consacré aux peintres russes. Ce fut ne pas compter sur l’infaillibilité légendaire des services de renseignements russes ! Dûment informé sur cette publication, notre diplomate commit alors le péché mignon en cherchant à la voir. Situation gênante s’il en est, que l’une des accompagnatrices chercha à aplanir en se précipitant dans la Maison de la presse pour acheter un exemplaire et l’offrir à l’hôte illustre.
Merci, Monsieur l’Ambassadeur, pour cette belle leçon de civilité et de politesse !
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L’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Veulais a pris l’heureuse initiative de faire publier à cette occasion un ouvrage consacré à des peintres russes qui ont exercé leurs talents en Normandie au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Ce volume, paru à date voulue grâce aux efforts conjugués de toute une équipe sous le titre «Les peintres russes et la Normandie », est une double réussite. Sa présentation matérielle s’avère un chef-d’œuvre éditorial. Sa teneur fait découvrir au lecteur le cheminement et les activités de ces peintres à qui le Pays de Caux prodiguait la plus belle source d’inspiration. Mutatis mutandis, ils ont mis en valeur ses paysages, ses moments de vie. Le village de Veules-les-Roses apparaît comme un lieu de prédilection pour ses artistes venus du froid : on leur doit une série de tableaux splendides qui fixent à jamais ses charmes d’antan.
Pour des raisons qui échappent à la logique, M. Jean-Claude Claire, maire de Veules-les-Roses, a choisi d’ignorer cet ouvrage ! Plus même, il chercherait à jeter un voile sur ce joyau. Il est, me semble-t-il, de notoriété publique que la culture et M. Claire ne font pas la paire. Mais a-t-on besoin d’être initié aux méandres de l’art pictural pour apprécier à juste titre les qualités de ce livre, son importance pour Veules également ?
Le considérant sans doute comme un « non événement », M. Claire a en tout cas créé l’événement de son côté en rendant hommage à ces mêmes peintres avec une exposition modeste à plus d’un titre. A commencer par le choix du lieu : en guise de l’une de ces galeries attrayantes que possède le village, on logea les quelques reproductions peu flatteuses de leurs tableaux dans l’espace exiguë qui prolonge à l’arrière le bureau de l’Office de tourisme. Dans ce réduit, qualifié quelque peu pompeusement d’ « atrium » une vaste porte en bois massif fait figure de pièce maîtresse. En son milieu, de détache un écriteau toilettes dont la taille rivalise avec celle de certaines reproductions qui le jouxtent. (voir photo, ci-jointe).
Répondant sans doute aux invitations cordiales de la municipalité, S.E.M. l’Ambassadeur de Russie en France s’est rendu a Veules pour découvrir cette manifestation en hommage à des talents de son pays. A sa visite « non officielle » la presse locale a fait un grand écho. Les illustrations qui accompagnaient ces articles montraient le diplomate se promenant dans les rues de Veules en compagnie de M. le Maire et des adjoints de son choix. Il semble bien qu’aucun journaliste n’ait poussé l’indécence de le photographier alors qu’il découvrait l’exposition, but de sa visite…
On passa sous silence le bel ouvrage consacré aux peintres russes. Ce fut ne pas compter sur l’infaillibilité légendaire des services de renseignements russes ! Dûment informé sur cette publication, notre diplomate commit alors le péché mignon en cherchant à la voir. Situation gênante s’il en est, que l’une des accompagnatrices chercha à aplanir en se précipitant dans la Maison de la presse pour acheter un exemplaire et l’offrir à l’hôte illustre.
Merci, Monsieur l’Ambassadeur, pour cette belle leçon de civilité et de politesse !
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