mercredi 31 juillet 2013

A VEULES LES ROSES : MORNE CHAMP DANS UNE VALLÉE ÉTROITE

Consacrer une émission au village, voire à des villages préférés des Français, fut une heureuse initiative. Pour se mettre en valeur, se donner des chances de gagner la compétition, chacune de nos régions sélectionna son candidat-joyau. Et chacun de ces joyaux se mettait en quatre pour se présenter sous son meilleur jour. Beautés naturelles, créations architecturales ou artistiques, aménagements divers, coutumes, traditions, ambiance chaleureuse et même joviale au sein du village.Fiers de mettre leurs villages respectifs en valeur, les maires, s’appliquaient dans cette compétition, laissaient voir aussi qu’ils vivaient en bonne entente avec leurs administrés, partageaient leurs divertissements en jouant aux boules, à la pétanque, aux échecs, etc … etc … Images d’Epinal, elles ouvraient agréablement les horizons des téléspectateurs.
Veules les Roses fut sélectionnée comme panache de la Haute Normandie. A juste titre. Ou, plutôt, à plus d’un titre car ce village d’exception recèle de nombreux atouts ! A commencer par son emplacement au sein d’un vallon entre deux falaises, et sa configuration où l’attrait principal constitue ce plus petit fleuve de France qui prend ses sources à la lisière sud du village et le traverse tout au long pour se jeter dans la mer Attrait principal mais aussi son berceau ! Car le village naquit autour de la Veules et la vie s’organisa d’abord autour d’elle et grâce à elle. Dès le Moyen Age, ses rives furent peuplées de petites maisons de pêcheurs, de meuniers, de tisserands. Au fil des siècles ce noyau premier va s’élargir, s’enrichir de constructions plus élaborées, plus cossues, mais toujours dans le respect du style du pays. Relativement épargné par les effets dévastateurs des guerres, Veules les Roses conserve en bonne partie le charme de son authenticité. Fiers de leur village, foncièrement attachés à lui, fidèles et respectueux des coutumes et traditions ancestrales, les Veulais étaient pleins de verve à l’idée de mettre en lumière tout ce qui constitue la quintessence de leur patrimoine. Les jeunes se voyaient déjà vêtus de costumes régionaux en train de déambuler dans les ruelles de Veules les Roses. Leurs aînés caressaient l’idée de dévoiler ses aspects pittoresques plus ou moins connus non sans les émailler d’humour cauchois formulé en dialecte.
Le grand jour venu, ce fut la grande désillusion. Des Veulais de souche désireux de présenter le caractère véritable de leur village furent écartés d’office. A leur place, l’honneur de présenter le village et de proposer un scénario aux journalistes fut accordé à une seule personne. Le maire, me diriez vous ? Oh, que non ! A aucun moment il n’est intervenu dans l’émission pour vanter les avantages de sa commune, manifester ses sentiments ou encore pour faire valoir les bon rapports avec ses administrés. Lors de cette émission - comme au quotidien du village plutôt morose - M. le Maire se fit invisible. Invisible à Veules mais en revanche facilement repérable dans les magasins et grandes surfaces des alentours…
 A la stupéfaction générale, M. le Maire se fit substituer par un horsain, de surcroît Veulais de fraîche date. Visage benêt en forme de pleine lune, cet homme dont le nom polonais fut largement reproduit sur l’écran, limita benoîtement ses explications au niveau des anecdotes ! Et c’est ainsi que la sente qui longe la Veules au début du village, prénommée par une sorte de boutade plaisantine Chemin des Champs Elysées, alors que les vacanciers parisiens commençaient à découvrir les attraits de Veules, fut présentée comme une petite concurrente de la plus belle avenue du monde ! A notre guide d’expliquer avec cette assurance propre à l’ignorance : les champs qui s’étalaient ici appartenaient à un M. Elysée… Et, aux téléspectateurs de faire un effort d’imagination afin de voir les champs dans un cadre qui évoque plutôt des gorges. Soyons indulgents : il faut laisser un peu de temps à notre novice pour s’initier à l’histoire du village et à ses secrets. Il apprendra ainsi que les dits Champs de M. Elysée existaient bel et bien mais à une certaine distance…
Peu de temps après l’émission sur F 2 un couple, originaire du village alsacien qui décrocha la première place dans cette compétition, est venu visiter Veules les Roses. Surpris par la beauté de Veules les Roses, le couple fit cette confidence au restaurateur qui leur avait servi le repas : « Notre village, classé premier, est loin d’être aussi joli ! Seulement, notre présentation était plus attrayante…… »

dimanche 28 juillet 2013

MAIRE DE VEULES LES ROSES : INTIATIVE « PHARAONIQUE »

Il est en fait bien connu : chacun de nos présidents a voulu marquer, immortaliser, la période de son pouvoir avec une création grandiose .: A Pompidou Beaubourg, à Mitterrand la Très Grande Bibliothèque, à Chirac le Musée des arts premiers… Les municipales avançant à grands pas, le maire de Veules les Roses s’est empressé à réaliser le projet qu’il caressait de longue date : donner son cachet au front de mer.. Rendre visible la dernière partie du cours de la Veules, ce plus petit fleuve de France, jusqu’alors dissimulé sous un parking. En soi, l’idée se justifie, mérite d’être saluée. Mais c’est la propension à la grandomanie qui accompagne ce dégagement qui choque ! Choque d’autant plus en période de crise que nous traversons et où chaque sou est précieux pour améliorer des situations ou des états précaires. Situations et états qui s’ajoutent sans cesse les uns aux autres… Qu’importe ! Pour celui que certains de ses administrés surnomment « Roudoudou Ier », seul le spectaculaire compte. Fut-il d’un goût discutable. Autour de la Veules, désormais dégagée avant de se jeter en cascade dans la mer, un vaste terrain fut réquisitionné, creusé, aménagé à grands frais dans un style qui se veut au top du fastueux. Sur ce vaste terrain ayant pour but d’offrir un moment de délectation au bon peuple, seuls, trois bancs se battent en duel, le reste de la surface étant recouvert, voire, obstrué par un simulacre de roches éparpillées. Résultat : les visiteurs qui s’y engloutissent pique-niquent par terre. Observatrice attentive ou esprit mal tourné, toujours est-il que l’aspect de cette cavité m’évoque un vagin géant et béant. ! Et, à la voracité d’une mante religieuse. Car il dévore inlassablement sa « garniture » ! La végétation qui l’encadre, susceptible de contribuer à l’éclat, dépérit sans cesse comme rongée par sa matrice. On a beau la soigner, la changer dans les cas désespérés, rien n’y fait ! Aux cascades de la Veules, s’associent désormais - dans une harmonie fâcheuse - des cascades de dépenses …

vendredi 5 juillet 2013

HENRY DE LUMLEY : quand la démesure va jusqu’à nier l’évidence

C’est un fait bien avéré : la panoplie de vestiges anciens sur le site protohistorique du Mont Bego qui a échappé au regard de Henry de Lumley ou au regard de ceux qu’il qualifie de ses collaborateurs est condamnée à l’inexistence ! Purement et simplement. Sur ce site riche en gravures on ne pratiquait pas la peinture, affirme avec autorité notre spécialiste. Est-ce pour cette raison que les motifs gravés et peints qui figuraient dans une grotte, culte de sommet ont disparu comme par un coup de baquette magique? Est-ce pour la même raison que les puissants acolytes de M. de Lumley se dépéchèrent à forger une preuve de leur “non-existence”, de traiter la découvreuse de ces motifs comme victime des “visions”, pire, comme un “danger pour le site”. Aucun mobilier archéologique n’existait sur le site du Mont Bego, affirma un jour le Maître devant la docte assemblée des immortels appartenant à l’Académie des Inscriptions et des Belles Lettres. Avec toujours le même aplomb. Encore moins des aménagements… Voici que ce joyau de notre patrimoine se trouva dépouillé de ses richesses. Dépouillé à priori. Les dieux voient de mauvais œil les mortels en proie à la démesure. L’hybris étant un provilège qui leur revient, ils châtient les mortels qui prennent la liberté de se hisser à leur niveau. Il en va de même sans doute avec les lieux consacrés comme leur résidence. Ces hauts lieux qui dégagent une force peu commune dont le Mont Bego. Et voici que le site opposa cette force à un mortel qui se croit puissant au point de le dépouiller de ses biens. Il commença par révéler les mêmes motifs, désormais volatilisés dans la grotte culte. A une centaine de mètres plus bas! En y ajoutant d’autres peintures. Il étala d’un seul coup une pléthore de vestiges matériels figurant, tous, dans des contextes aménagés avec soin et minutie. Il dévoila des mégalithes installés avec une maîtrise extraordinaire ou encore sculptés avec talent. Ces trésors dont l’existnece était logiquement prévisible sont désormais publiés dans l’ouvrage : VALLEE DES MERVEILLES - UN NOUVEAU REGARD Par Emilia Masson avec la collaboration de Bruno Ancel et de Paul Verdier Commandes à adresser avec un chèque de 20€ : Association A la recherche de notre passé 7, rue Victor Hugo 76980 – VEULES LES ROSE /Users/Bebili/Desktop/extrait.pdf