lundi 2 janvier 2012

Pérégrinations d'Emilia Masson à travers les cimes et les abîmes du Mont Bego

DOCUMENTAIRE :
Réalisé par Gilbert Bianchi, ce film (60 minutes), présente la synthèse des recherches d’Emilia Masson et permet de suivre leur évolution pas à pas. Les découvertes qui en découlent éclairent d’un jour nouveau le site protohistorique du Mont Bego dont l’organisation obéit à un concept rigoureux où les gravures ne sont que l’une des composantes. Des aménagements insoupçonnés comme des vestiges archéologiques insolites sont parfaitement mis en évidence grâce au talent de Gilbert Bianchi.
Le film met également en valeur les attraits du travail sur le terrain dans cette région.

Au détour de ce documentaire le spectateur découvrira des entraves auxquelles se heurte une recherche qui, en aboutissant à des résultats importants sans bénéficier de subvention aucune, est devenue « politiquement incorrecte » : elle invite à la comparaison avec les recherches officielles menées depuis des décennies sur ce site non sans croquer à belles dents l’argent du contribuable. Est-ce pour cette raison que les autorités de la région s’obstinent à l’ignorer sinon en déployant leurs efforts pour l’étouffer ?

La première projection publique a eu lieu à Tende le samedi, 5 juillet 2010. La seconde aura lieu à La Brigue le samedi, 2 août à 21 heures puis en décembre à Menton ou encore à l'étranger
Le DVD du documentaire est actuellement disponible. Les commandes sont à adresser à l’association A la recherche de notre passé, 7, rue Victor Hugo 76980 Veules les Roses , avec un chèque de 15 €.

http://www.youtube.com/watch?v=mBWe4a4N1

dimanche 1 janvier 2012

FREDERIC MITTERRAND : SABOTE-T-IL NOTRE PATRIMOINE?

Sensibilité et érudition sont les deux mamelles de l’actuel ministre de la culture. Les deux sont mises en valeur par son mode d’expression, c’est encore une belle corde à son arc. Qu’il s’exprime oralement où par écrit, qu’il énonce des propos spontanés ou des déclarations sur commande c’est toujours avec le même brio. Et, si le besoin se fait sentir, des notes de sincérité et d’émotion viennent émailler ses beaux discours qui vous atteignent au plus profond de vous-même, qui font pleurer dans les chaumières. L’éloge funèbre de Babu qu’il a prononcé quelque peu hâtivement à la station Crimée, ce « héros du métro » qui « représente ce qu’il y a de plus beau dans la culture indienne, le partage, l’attention aux autres » en est la dernière illustration.
A l’occasion des journées du patrimoine, notre Fred national a rendu un éloge vibrant aux trésors anciens, fait part de son attachement profond à toutes ces antiquités de notre pays. Loin d’être née de la dernière pluie je suis tombée dans le panneau ! Sa voix émue et émouvante, quelle source d’encouragement ! Tel un preux chevalier ce cher ministre brandira son glaive pour protéger notre patrimoine, engagera un combat sans merci contre les actes de vandalisme dont il est victime, me disais-je avec conviction alors que ses douces paroles résonnaient dans mes oreilles. Jolie preuve qu’elles font de l’effet ! Mais que reste-t-il derrière ? Rien ou peu de choses…
Pourquoi un tel jugement dont je ne suis pas sans mesurer la gravité ? En voici les raisons, souvent invraisemblables mais véridiques, croyez le moi. Ce sera alors à votre tour de m’approuver ou de me désapprouver…
En cause, un joyau de notre patrimoine, le site protohistorique du mont Bego dans Alpes Maritimes où s’est installée une situation absurde qui me désespère comme d’ailleurs tant d’autres. Depuis des décennies, ce site est victime d’un mandarin qui l’a solidement associé à ses champs gardés et grâce à lui croque à belles dents l’argent du contribuable. Quant aux fouilles, il les dirige de loin, de très loin (voir à ce titre la note sur ce blog du 24 août 2011, « Chute mortelle d’une archéologue-stagiaire… »). Qu’importe la vraie dimension de ce trésor qui recèle nos racines ! Ce qui a échappé à l’œil du mandarin ou, plutôt, aux regards de son équipe en général dépourvue et du guide et d’expérience doit demeurer inexistant. Pour y arriver, notre homme qui n’hésite pas à déclarer publiquement qu’il peut tout se permettre car étant « au-dessus des lois » (note sur ce blog du 8 novembre 2007, « Quand la justice… »), déploie son influence auprès des instances archéologiques du Ministère de la Culture, des personnages importants ou encore des éditeurs (note sur ce blog du 2 décembre 2011 « Archéologia/Editions Faton… ») pour réduire à néant des découvertes remarquables réalisées dans la Vallée des Merveilles. Il n’hésite pas à s’attaquer à des experts qui ont poussé l’audace ou le toupet jusqu’à certifier l’authenticité des dites découvertes ! Est-ce dans le même but que des peintures et des gravures avaient été effacées dans la faille grotte qui devait abriter le sanctuaire central des Merveilles ? Toujours est-il que les responsables de notre patrimoine couvrent allègrement ces vandalismes qualifiés à l’étranger du « talibanisme à la française » ! Que la procédure judiciaire relative à ces dégâts est gardée sous le coude !
En février 2009 j’ai tenté le tout pour le tout en envoyant au Président de la République un dossier dûment constitué, témoignage, me sembla-t-il, inébranlable de ces abus et anomalies qui pénalisaient aussi bien le site que des chercheurs zélés et courageux. La réaction fut rapide est paraissait constructive : le Chef de Cabinet du Président m’annonçait que « connaissances prises de mes préoccupations » le dossier a été transmis au Ministre de la Culture.
Le grand Fred, aussitôt nommé, j’attirai son attention sur mon dossier. Réponse quasi immédiate le 5 février 2010 de son Chef de Cabinet : le ministre « a pris connaissance avec attention de ma correspondance », le dossier est soumis à « l’examen attentif de M. Philippe Bélaval, directeur général des patrimoines qui ne manquera pas de me tenir informée de la suite réservée à ma requête ».
Quelle en fut la suite ? Essayez de deviner ! D’emblée je dis bravo à ceux qui s’exclameront en soupirant qu’il n’y en avait… La lettre de « relance » que j’ai adressée à notre gentil Fredo le 11 janvier 2011 attend toujours la réponse. Après les promesses, le voici noyé dans le silence, dans l’impolitesse.
Quelle illustration de son dévouement affiché à notre patrimoine.
Sans me décourager, le 16 juillet 2011, j’ai porté à la connaissance du Défenseur des Droits ces faits qui me paraissent représentatifs d’une république bananière. Réponse le 11 septembre dernier : une lueur d’espoir ? « Sensibles à mes préoccupations » ils ont attiré l’attention des services concernés du Ministère de la Culture, « ne manqueront pas de me tenir informée des suites… ». Aucune information jusqu’à ce jour .
Au sein de toutes ces promesses une sera en tout cas tenue : la mienne. De cette affaire rocambolesque je ne manquerai pas de vous tenir informés.